On pense souvent au mentorat comme à un service rendu. Un entrepreneur aguerri qui « donne de son temps ». Une sorte de parrainage bienveillant, informel, un peu flou dans ses contours.
La réalité que pose la Charte nationale du mentorat entrepreneurial est bien plus structurée — et bien plus ambitieuse.
Le mentorat entrepreneurial est défini comme un accompagnement personnel, volontaire et bénévole, à caractère confidentiel, apporté par un entrepreneur expérimenté à un autre entrepreneur. Non pas pour lui dire quoi faire. Pas pour gérer à sa place. Mais pour agir sur le savoir-être d’entrepreneur — cette dimension humaine, intime, souvent négligée, qui conditionne pourtant toutes les décisions stratégiques.
Ce que le mentorat produit concrètement, c’est un effet miroir. Le mentor n’apporte pas des solutions. Il ouvre un champ des possibles. Il aide le mentoré à voir ce qu’il ne voit plus, à nommer ce qu’il n’ose pas formuler, à confronter ses intuitions à une expérience vécue — y compris les échecs.
Là réside son utilité profonde : pas dans la transmission d’un savoir-faire technique, mais dans la maturation d’un entrepreneur capable de conduire sa propre croissance.
Et c’est précisément parce que cette utilité est réelle — et mesurable à l’échelle d’un territoire — qu’une charte nationale a été jugée nécessaire.